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SUNNY ET L'ÉLÉPHANT se déroule dans les forêts vierges du nord de la Thaïlande.
Sunny, un adolescent, rêve de devenir cornac, mais Boon, son vieux maître, refuse de lui laisser sa chance. De plus, la mécanisation de l'industrie forestière contraint les cornacs et leurs éléphants à quitter les forêts. Ils n'ont d'autre recours que de s'exiler dans la capitale, Bangkok. Là, ils vivent de l'aumône des touristes apitoyés par les éléphants égarés en pleine jungle urbaine.
Heureusement, un jeune vétérinaire européen, Nicholas, se propose de ramener Boon, sa famille et Dara vers la forêt des origines pour en faire, avec d'autres cornacs et d'autres éléphants, des gardes forestiers... Ensemble, Dara, Boon et Sunny devront reconstruire leur destin. Il faudra que Dara, l'éléphante exilée, se réadapte à la nature sauvage. Que Boon surmonte ses préjugés et accepte de transmettre à Sunny les secrets de ses ancêtres. Il faudra, surtout, que l'adolescent devienne capable de faire équipe avec Dara, l'éléphante, et d'affronter la jungle.
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FRÉDÉRIC LEPAGE
Certains se spécialisent dans la télévision, le roman ou le cinéma. Frédéric Lepage, lui, a réussi à s'affranchir des limites des différents médias pour pouvoir, dans chacun, pratiquer sa seule passion : raconter des histoires aussi fascinantes qu'universelles. Très jeune, il a commencé par écrire des essais sur l'architecture. On lui doit même une somme sur la gémellité qui fait autorité un peu partout dans le monde - c'est ainsi que la «théorie de Lepage sur les jumeaux monozygotes» est enseignée dans les universités américaines. Il a également écrit des livres sur toutes sortes de sujets, souvent surprenants. Lorsque l'éditeur Robert Laffont lui suggère d'écrire des romans, il se lance dans le thriller avec des livres comme «La fin du septième jour» ou «La mémoire interdite» qui se sont vendus dans une quinzaine de pays. Ce touche-à-tout atypique entre ensuite à la télévision pour raconter d'autres histoires. Il commence sur TF1, devient rapidement producteur et se consacre au documentaire, sur de grands écrivains par exemple. On lui doit ensuite des spectacles et même d'impressionnants prime time comme la Fête de la Musique. Il crée également le Disney Club et l'émission de jeu «Dessinez c'est gagné !» pour France 2. Il se tourne ensuite vers le grand documentaire international. Bien avant l'heure, il prend conscience de l'importance vitale de l'environnement. Il crée «Chroniques de l'Afrique sauvage», une série considérée comme majeure dans l'histoire du film sur la nature. Devant le plébiscite, les douze épisodes seront suivis par «Chroniques du dernier continent», douze autres épisodes consacrés à l'Australie. En douze ans, ce seront soixante films au total qui seront produits à travers le monde, racontant la nature et les cultures. Cet ensemble documentaire est aujourd'hui le plus gros succès français d'exportation, juste derrière celui du Commandant Cousteau. Aujourd'hui, plus que jamais animé par la volonté de raconter des histoires qui peuvent toucher au-delà des frontières, des âges et des catégories, Frédéric Lepage nous entraîne dans une aventure qui allie la fable universelle, le grand spectacle et un parcours humain qui trouvera un écho en chacun. Rencontre.
Entretien avec Frédéric Lepage
SUNNY ET L'ÉLÉPHANT cristallise tous les thèmes que vous aimez en leur ajoutant une nouvelle dimension. Comment ce film est-il né ?
Je suis quelqu'un qui a des idées et souhaite les partager, mais je ne suis pas viscéralement habité par l'idée de faire du cinéma. Une belle histoire est une belle histoire. Il y a mille façons de la raconter, et on peut choisir un stylo ou une caméra pour le faire. Je voulais raconter une histoire qui me tenait à cur parce qu'elle se passe dans une partie du monde que j'aime, qu'elle implique une philosophie de spiritualité qui me plaît et des personnages attachants. Tout a commencé lorsque Jean-Pierre Bailly, producteur réputé et ami, m'a parlé de l'attirance du public pour des sujets abordant le lien entre la nature et l'homme. Il a produit LE DERNIER TRAPPEUR et sait de quoi il parle. Je lui ai raconté mon histoire, qu'il a tout de suite aimée. Il l'a proposée à StudioCanal, qui a accepté. Compte tenu de mon inexpérience, Olivier Horlait a mis en scène avec moi le film. Olivier aux commandes et Patrick Blossier - sans doute l'un des meilleurs opérateurs du monde - m'ont apporté leur talent.
Votre film aborde et allie plusieurs thèmes comme l'écologie, le parcours humain ou la spiritualité...
Le film se déroule sur deux plans. Au premier plan, on trouve Sunny, un adolescent qui rêve de devenir le cornac d'une éléphante qui s'appelle Dara. Un homme, un éléphant, la paire ne peut pas être dissociée parce que l'éléphant connaît tout de son maître et réciproquement. C'est un couple formé pour la vie. Le vieux maître de Sunny s'y oppose parce que, selon la tradition, il faut faire partie d'un groupe ethnique - les Karen, un peuple venu d'Indonésie - pour pouvoir devenir cornac. Sunny est un orphelin de la ville et il va devoir se battre pour réaliser son rêve. C'est l'histoire essentielle. En arrière-plan, le propos est plus large. Autrefois, les éléphants travaillaient avec leurs cornacs dans les exploitations forestières de teck. Les engins motorisés les ont rendus obsolètes et tous ces gens et leurs animaux se sont retrouvés chassés des forêts où ils étaient nés. Ils ont été mis au chômage et remplacés par des machines rutilantes qui n'ont pas besoin de vétérinaires et peuvent travailler vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Ces gens désemparés migrent vers les grandes villes pour tenter d'apitoyer les touristes. En échange de quelques baths, les visiteurs peuvent nourrir les éléphants et se faire photographier avec eux. C'est une condition dégradante qui s'ajoute au fait que la ville est un enfer pour eux. Ces hommes et ces éléphants n'ont malheureusement pas d'autre choix. Un jour, un vétérinaire rencontré à Bangkok m'a dit que son rêve serait de reconvertir ces éléphants en rangers qui, accompagnés de leur cornac, iraient protéger les parcs nationaux. Cette formidable idée m'a inspiré le sujet du film. Parallèlement à l'histoire de ces personnages égarés dans un monde qui va trop vite pour eux, on suit le destin de Sunny et son combat pour atteindre son rêve.
Comment avez-vous découvert cette région, et pourquoi les éléphants ont-ils tant d'importance pour vous ?
J'ai découvert la Thaïlande presque par hasard. À l'époque, je travaillais sur mes documentaires en Australie et je devais fréquemment m'y rendre. C'est un voyage exténuant, surtout à répétition. Un jour, on m'a conseillé de le couper en deux en faisant une étape à Bangkok. C'est ainsi que j'ai vraiment commencé à découvrir le pays. Je souhaitais une histoire avec ces éléphants parce qu'ils sont un symbole. L'éléphant, le plus gros mammifère terrestre, est un animal d'une noblesse extraordinaire. L'Inde aurait pu servir de cadre à cette histoire, mais les paysages et la spiritualité d'Asie du Sud-Est me paraissaient davantage de nature à toucher le spectateur européen parce que l'on pouvait aussi y introduire beaucoup de drôlerie et d'insolite. Je connais bien la Thaïlande, où je réside une partie de mon temps, et plus précisément la partie nord près de la frontière birmane - entre Chiang Mai et Chiang Rai. Le peuple thaï est infiniment attachant. Sa religion est un bouddhisme qui estime que la religion doit servir l'homme - et non l'inverse. C'est une religion qui tolère très bien que se juxtaposent à elle des superstitions ou des croyances qui peuvent aider l'homme. Les Thaïs vivent dans un monde peuplé d'esprits - l'esprit des arbres, l'esprit de la forêt, l'esprit des morts qui reste pour voir ce qui se passe. Il y a donc ce côté un peu magique - presque des histoires de fantômes - qui s'ajoute à la beauté de ce bouddhisme persuadé que la vie ne s'arrête jamais. Cette idée, au coeur du film, marque une différence de mentalité peut-être liée à la religion. Sunny, l'Asiatique bouddhiste, dit à Nicolas, l'Occidental sans doute chrétien ou agnostique, qu'il ne comprend pas pourquoi lui, vétérinaire, essaie d'aider les éléphants et d'améliorer la nature. Les bouddhistes savent qu'il est de leur responsabilité d'améliorer le monde car ils y reviendront après leur mort pour leurs vies suivantes. Mais quelle peut être la motivation de quelqu'un qui ne croit pas à son retour après sa mort ? Le film est un peu construit autour de ce mystérieux décalage entre la relation que l'homme entretient avec la nature dans le bouddhisme ou chez nous.
Comment avez-vous abordé les procédés particuliers de narration au cinéma ?
Je crois qu'une histoire se construit toujours de la même manière. Elle a sa propre identité. Naturellement, le cinéma montre davantage. Il faut être très pudique parce que tout devient très facilement surligné. Il y a bien sûr une question de langage et je ne remercierai jamais assez Olivier Horlait et Patrick Blossier de m'avoir aidé à comprendre ces différences de langage. Quand on écrit un livre, les personnages s'incarnent seulement dans votre imagination, alors que le cinéma a besoin de comédiens.
Cette histoire prend toute sa dimension au cinéma. C'est une fable, un magnifique album d'images et d'ambiances dans lesquelles on se trouve plongé. Comment les avez-vous définies ?
Les repérages ont été déterminants. Je ne sais pas vraiment le temps que nous y avons passé parce que je connais la plupart des lieux depuis des années - sans avoir su que j'y tournerais un film. Il a cependant fallu une préparation plus technique dont la période initiale a duré six mois, mélangeant repérages et casting. Le tournage a duré à peu près trois mois avec deux équipes. Des conditions tout à fait satisfaisantes. Il était également crucial de faire ressentir aussi bien la violence naturelle du cadre urbain que l'absence de silence dans les forêts du Nord. Le son était vraiment très important.
Comment avez-vous choisi vos comédiens ?
Le choix a commencé alors que nous en étions encore au stade préliminaire de l'écriture. Le premier enjeu était de découvrir l'interprète de Sunny. Il porte le film sur ses épaules. Il devait paraître âgé de quinze ou seize ans au maximum et parler couramment anglais. Un oiseau rare ! Plutôt que de partir à l'aventure en organisant un énorme casting parmi tous les adolescents anglophones en Thaïlande, je me suis souvenu d'ANNA ET LE ROI, une énorme production américaine, tournée quatre ans auparavant, dans laquelle jouaient des enfants de douze ans qui devaient donc être maintenant dans la tranche d'âge qui nous intéressait. Un des enfants jouait le rôle du prince héritier de Thaïlande, un rebelle. J'ai pensé que les Américains avaient sûrement ratissé toute l'Asie du Sud-Est pour leur casting et trouvé le meilleur. J'ai fini par le retrouver. Malais de Kuala Lumpur, Keith Chin avait quitté la Malaisie pour vivre à Perth en Australie. Sa mère est professeur d'anglais, et Keith vit dans un pays où l'on parle anglais. L'audition qu'il a passée à Bangkok s'est révélée formidable. C'est ainsi que, sans même avoir à le comparer à d'autres, nous avons trouvé le premier personnage. Par la suite, le casting a été plus classique. Il s'est déroulé à Bangkok, Hong Kong, Kuala Lumpur, Singapour et Manille. À Londres, nous avons trouvé Simon Woods qui interprète le jeune vétérinaire occidental. Il joue dans la série «Rome» de HBO et on l'a vu aussi dans ORGUEIL ET PRÉJUGÉS. Il est en plus très impliqué dans les questions relatives à la nature.Pour le rôle du «méchant», nous avons la chance d'avoir Krissada Sukosol, l'une des plus grandes stars de Thaïlande. Glen Chin est un comédien d'origine chinoise qui vit à Los Angeles et que l'on a vu dans les films de Jackie Chan.
Beaucoup des rôles principaux devaient monter sur les éléphants...
Pendant la période qui a précédé le tournage, tous les acteurs qui devaient passer pour des cornacs ont suivi une préparation intensive, car avant de monter sur un éléphant, il faut avoir acquis un certain nombre de connaissances. C'est l'une des particularités de ce film. La première étape a consisté à attribuer à chaque acteur un éléphant en particulier. La préparation a aussi concerné d'autres aspects. Keith Chin, l'interprète de Sunny, a dû préparer pendant un mois une scène de boxe thaïe. Il est par ailleurs chrétien et joue un rôle de bouddhiste. Il a également dû suivre une formation de quinze jours à la religion bouddhiste pour que ses gestes de prière et de méditation paraissent naturels.
Les éléphants sont également des personnages à part entière. Comment avez-vous travaillé avec eux ?
Pour assurer le rôle de Dara et éviter tout surmenage, nous avons dû recourir à deux éléphantes. Nous tenions beaucoup à ce que les éléphants soient très bien traités. Des vétérinaires nous ont assistés pendant tout le tournage. Ces deux éléphantes devaient avoir une grande ressemblance et nous avions constitué trois paires d'éléphantes semblables l'une à l'autre. Une de ces paires n'a pas été retenue pour des raisons esthétiques. Il nous en restait deux : une paire de jeunes éléphantes absolument adorables et malicieuses, avec des touffes de poils sur la tête, et une paire d'un physique plus banal mais d'une sensibilité remarquable, gentilles et affectueuses. Le choix est revenu à Sunny parce que c'est lui qui allait devoir jouer avec. Il a eu deux jours pour choisir et quelque chose de très fort s'est produit. Bô, qui n'était pas la plus craquante, est allée spontanément le renifler sur tout le corps et l'embrasser avec sa trompe. Il l'a prise dans ses bras et ils sont devenus copains. Ils se sont choisis. Il en a été de même pour l'autre éléphante, Tata. Le matin, elles se précipitaient sur lui comme pour une cérémonie d'accueil. J'étais un peu déçu car les autres, avec leurs poils sur la tête, étaient tellement mignonnes ! Mais c'est Sunny qui a choisi. Après tout, c'est lui qui allait passer trois mois sur ces éléphantes ! Au cours du tournage, nous nous sommes aperçus que chaque éléphant a sa propre personnalité. Certains sont un peu tire-au-flanc, un autre ne pense qu'à faire des blagues, il y a aussi celui qui est obsédé par la nourriture... Mais ils sont finalement très faciles à gérer et tout s'est bien passé. Ils font des choses formidables dans le film - mais rien qui ressemble à du cirque. Dans le cahier des charges de leur rôle, rien n'était artificiel ou inhabituel, et aucun dressage n'a été nécessaire. Eux-mêmes avaient été chassés de leur forêt et leur seul espoir repose sur ces camps que l'on peut visiter dans tout le nord de la Thaïlande, où ils peuvent faire faire du trekking aux touristes dans les montagnes. D'autre part, le gouvernement de Thaïlande, avec le Conservatoire National des Éléphants, est animé du désir de perpétuer la façon dont les éléphants travaillaient dans les forêts, qu'ils considèrent comme un héritage millénaire. C'est un travail qu'ils aiment et qui constitue la seule façon de conserver les éléphants domestiques, en voie de disparition tout comme les éléphants sauvages. Ces camps sont soumis à des normes et des réglementations et les éléphants y sont heureux, puisqu'ils s'y reproduisent.
Le film est essentiellement tourné en décors naturels et en extérieurs. Quels ont été les défis logistiques ?
Nous avons construit le camp où cornac et éléphants se reconvertissent en rangers au bord de cette merveilleuse rivière dans la vallée, dans un environnement à ciel ouvert. Les rues chaudes de Bangkok ont été reconstituées dans une petite ville du nord de la Thaïlande, mais nous n'étions jamais dans des conditions artificielles. S'il pleuvait, il pleuvait. Il n'y a aucune image de synthèse. Tout est authentique. La logistique était complexe mais le plus extraordinaire a été de réunir de nombreux éléphants dans Bangkok, ce qui est normalement interdit. Ceux qu'on y voit d'ordinaire sont de pauvres parias chassés par la police. Nous avons été soutenus par les autorités, et le gouverneur de la ville nous a fourni toutes les autorisations.
Comment avez-vous réalisé l'impressionnante scène où Dara tombe dans un trou sur un chantier ?
Cette incroyable scène m'a été inspirée par un fait divers réel : un soir d'orage, un éléphant avait glissé dans la boue dans le tunnel du métro en construction. Pour cette scène très complexe à réaliser, le tournage a duré six nuits avec de la pluie artificielle. Une grue soulève l'animal. Quatre vétérinaires étaient donc présents pour décider s'il était possible de continuer la scène ou non. Avec l'accord du producteur, nous avions délégué le pouvoir d'interrompre le tournage au vétérinaire principal. L'éléphante a été un peu moins soulevée qu'on ne le voit dans le film, mais elle était réellement dans l'eau et elle a formidablement «joué la comédienne» ! Le trou est vrai, entouré de parois de béton. Psychologiquement, même si elle ne courait aucun risque, il fallait la protéger. Le trou est en fait fermé par une paroi amovible que l'on pouvait relever et qui ouvrait sur une pente douce qui remontait. Nous lui avons laissé le temps de s'acclimater au dispositif et l'animal a très vite compris. Les éléphants sont des animaux très intelligents et elle savait que, si elle avait envie d'une récréation, elle pouvait se lever, s'avancer devant cette paroi factice et que celle-ci se soulèverait pour lui laisser la possibilité de sortir. Mais comme les éléphants aiment l'eau, elle ne l'a même pas demandé !
Le fait de raconter cette histoire-là a-t-il particulièrement motivé les équipes ?
Tous ceux qui ont travaillé sur le film ont effectivement été touchés par le propos. Pour les Thaïlandais, cette histoire qui raconte leur culture de manière enjouée a particulièrement motivé les équipes. Certaines choses - comme l'esprit du défunt qui boit un peu trop - les ont amusés. Ils ont trouvé que cette histoire, racontée par un étranger, correspondait vraiment à ce qui fait leur fierté d'être thaïs : la valeur asiatique, la solidarité entre les générations, le respect. C'est aussi un film de transmission, un parcours initiatique.
Vous abordez également le trafic des animaux...
Même si ce n'est pas le coeur du film, c'est en effet un sujet qui n'est pas anodin. Il est répandu partout dans le monde, générant un marché illégal proche des vingt milliards de dollars. La Thaïlande n'en est pas le point nodal. Les autorités luttent autant qu'elles le peuvent contre ce trafic alimenté principalement par deux pays que j'aime aussi, la Chine et le Japon.
La musique est un élément important de votre film. Comment avez-vous obtenu l'accord de Joe Hisaishi, le compositeur attitré d'Hayao Miyazaki, qui a la réputation de tout refuser ?
Parmi les immenses artistes que j'ai pu approcher grâce à ce film, le compositeur Joe Hisaishi est un personnage de dimension mondiale exceptionnelle. Pour un tel film, il fallait un grand compositeur qui comprenne la nature, la sensibilité et l'environnement du film. Joe Hisaishi est le plus grand compositeur japonais vivant. Parmi tous les compositeurs que nous avons envisagés, son nom a été cité. Personne ne croyait qu'il accepterait mais Jean-Pierre Bailly, en bon producteur, nous a dit qu'il ne fallait pas renoncer avant d'avoir essayé. La suite a ressemblé à un parcours du combattant, mais cela en valait la peine ! Il a trouvé comment le joindre, puis lui a fait passer une présentation traduite en japonais. On nous a alors demandé une note complémentaire. Entre chaque étape, de longues semaines s'écoulaient. On nous a ensuite demandé de traduire la totalité du scénario. Au bout de deux mois, on nous a répondu que le Maître serait «peut-être disposé à considérer ce projet», mais qu'il n'accepterait que si l'auteur et réalisateur lui plaisait. J'ai donc dû aller le voir à Tokyo - accompagné d'une interprète - sans même être certain de le rencontrer. C'est ainsi que je me suis retrouvé dans une pièce, avec une jeune femme qui s'est révélée plus tard être sa fille. Au bout de vingt minutes de conversation, Hisaishi arrive et, contrairement à ce que tout ce qui a précédé aurait pu faire croire, je découvre un personnage d'une humilité, d'une gentillesse et d'une simplicité incroyables. Il ne devait pas m'accorder plus de vingt minutes et nous sommes restés six heures, mais sans avoir la moindre réponse ferme de sa part. Il m'a juste dit : «Je crois que je vais pouvoir envisager de considérer cela positivement». Nous nous sommes serré la main et depuis, je l'ai revu tous les deux mois. L'enregistrement à Tokyo a été époustouflant. La vigueur, l'énergie de cette musique en font l'une de ses plus belles partitions. Toute cette histoire est romanesque et nous sommes restés vraiment très bons amis.
Qu'espérez-vous apporter au public ?
Cette histoire parle de notre planète, de rêves que nous avons tous sous une forme ou une autre, et de combats qu'il faut mener dans une vie. J'ai été profondément marqué par la phrase de Cousteau qui dit «On protège ce que l'on aime et on aime ce que l'on comprend». Ce film fait partie des éléments qui veulent faire comprendre aux gens ce qui se passe. C'est un film populaire et familial, transgénérationnel et transculturel. Il offre plusieurs niveaux de lecture, plusieurs discours et, derrière tout ce qui semble très simple, souriant, amusant, grands-parents, parents et enfants peuvent tous trouver matière à discussion.
Si vous deviez garder un seul souvenir de cette aventure, quel serait-il ?
Le plaisir a été de découvrir les gens qui font le cinéma. C'est un bonheur magnifique. L'ensemble du tournage a été une telle aventure qu'il est difficile d'en détacher un moment particulier, mais je n'oublierai pas la joie des acteurs quand ils ont réalisé, au début du stage d'entraînement, qu'ils allaient vivre avec des éléphants. Voir ces duos homme/éléphant se former était vraiment bouleversant.
OLIVIER HORLAIT
Olivier Horlait travaille d'abord au montage avec José Pinheiro puis devient deuxième assistant réalisateur pour Christian de Challonge (MALEVIL, LES QUARANTIÈMES RUGISSANTS), puis Francis Girod (LA BANQUIÈRE). Il devient ensuite premier assistant réalisateur de Pierre Granier-Deferre (L'ÉTOILE DU NORD, L'AMI DE VINCENT), Alain Corneau (FORT SAGANNE), Jean- Michel Ribes (LA GALETTE DU ROI), Nadine Trintignant (L'ÉTÉ PROCHAIN), Francis Girod (LACENAIRE, DESCENTE AUX ENFERS, L'ENFANCE DE L'ART), Jean-Loup Hubert (LE GRAND CHEMIN), Bertrand Tavernier (LA PASSION BÉATRICE), Jean-Marie Poiré (LES VISITEURS), Nils Gaup (TASHUNGA), Nicole Garcia (L'ADVERSAIRE) et Milos Forman (VALMONT). Il travaille également sur des premiers films aux côtés de Danièle Thompson (LA BÛCHE) et Bernard Rapp (TIRÉ À PART).
Il est producteur exécutif et réalisateur deuxième équipe sur les films de Pascal Thomas (LA PAGAILLE, LA DILETTANTE, MERCREDI FOLLE JOURNÉE, MON PETIT DOIGT M'A DIT, LE GRAND APPARTEMENT).
Il réalise en 2007 un moyen métrage subventionné par la fondation Beaumarchais : LE PLUS GRAND ACTEUR DU MONDE avec Catherine Jacob et Paul Minthe.
En 2008, Olivier Horlait co-écrit et co-réalise avec Frédéric Lepage SUNNY ET L'ÉLÉPHANT, un long métrage tourné en Thaïlande avec Simon Woods, produit par Jean-Pierre Bailly.
Il a réalisé MÉSENTENTE CORDIALE, maquette de quinze minutes d'un long métrage, financée par le CNC, avec Dominic West et Barbara Shulz. Le scénario, co-écrit avec Michael Sadler est actuellement en développement, ainsi que L'ÉTÉ GREC une adaptation du roman d'Eric Boisset, «Nicostratos».
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Equipe Artistique

Nicolas Simon Woods Sunny Keith Chin Boon Grirkgiat Punnpipatt Sirima Siriyakorn Pukkavesa Teerapol Krissada Sukosol (Noi) Sing Dom Hetrakul Payao Glen Chin Udom Raymond Tsang Sau Ming Chayada Xuyen Thi Dangers Malee Srikarn Nakavisut Owen Noppan Boonyai Pakorn Sahajak Boonthanakit Varut Danai Tiangdham Saw Nophand Boonyai TechniqueProducteur délégué Jean-Pierre Bailly Producteurs 1 MC4, StudioCanal, France2 Cinéma Producteurs 2 Les Productions Jean-Marc Henchoz SA En association avec Canal+ et Teleclub Un film de Frédéric Lepage Mise en scène Olivier Horlait, Frédéric Lepage Scénario Frédéric Lepage - Olivier Horlait Dialogue Frédéric Lepage - David Aronson Directeur de la photographie Patrick Blossier, A.F.C. Photographe de plateau Eric Travers Son Alain Curvelier Chef costumier Adelaide Gosselin Chef décor Yves Brover - Chaiwan Chunsuttiwat Directeur de production Philippe Gautier













